Les marchés énergétiques européens rencontrent un certain nombre de problèmes: les menaces croissantes liées aux changements climatiques, la lenteur des progrès réalisés en matière d'efficacité énergétique et d'utilisation des énergies renouvelables, la nécessité d'accroître la transparence, l'intégration et l'interconnexion des marchés énergétiques nationaux et l'importance des investissements liés aux infrastructures énergétiques. De plus, l'Europe est confrontée à d'importants défis dans le domaine de la sécurité de l'approvisionnement énergétique: la situation difficile que connaissent les marchés du pétrole et du gaz, la dépendance croissante à l'égard des importations et la diversification limitée réalisée à ce jour, la hausse et la volatilité des prix de l'énergie, la croissance de la demande mondiale d'énergie, les risques en matière de sécurité qui touchent tant les pays producteurs et les pays de transit que les voies d'acheminement.
Le programme "Énergie intelligente — Europe", qui fait partie du programme-cadre pour l'innovation et la compétitivité (2007-2013) [Décision 1639/2006, voir la section 17.1.3] contribue à réaliser les objectifs généraux visant à améliorer la diversification énergétique et la sécurité de l'approvisionnement et à augmenter la compétitivité des entreprises de l'Union, en particulier celle des PME, tout en protégeant l'environnement et en remplissant les engagements internationaux contractés dans ce domaine. Il aide de programmes spécifiques afin de créer les conditions pour l'évolution vers des systèmes énergétiques durables, et notamment pour soutenir la normalisation d'équipements destinés à produire ou à consommer des sources d'énergie renouvelables, pour accroître le développement des technologies et pour diffuser les bonnes pratiques en matière de gestion de la demande. Ce programme reprend trois domaines d'action spécifiques établis par la décision 1230/2003: (i) améliorer l'efficacité énergétique et l'utilisation rationnelle des ressources énergétiques ("SAVE") [voir la section 19.3.1], (ii) promouvoir les sources d'énergie nouvelles et renouvelables ("ALTENER") [voir la section 19.3.5] et (iii) promouvoir l'efficacité énergétique et l'utilisation de sources d'énergie nouvelles et renouvelables dans les transports ("STEER") [voir la section 20.1].
Dans un livre vert de 2006, la Commission définit les bases d'une politique européenne de l'énergie, visant trois objectifs principaux: développement durable, compétitivité et sécurité d'approvisionnement [COM/2006/105]. Le livre vert a été suivi par une communication de la Commission qui affirme que le point de départ pour une politique énergétique européenne est triple: la lutte contre le changement climatique, la promotion de l'emploi et de la croissance, la limitation de la dépendance de l'UE envers les importations de gaz et de pétrole [COM (2007) 1]. L'axe principal de la nouvelle politique, approuvée par le Conseil européen de Bruxelles (8-9 mars 2007), est un objectif énergétique essentiel pour l'Europe: réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à sa consommation d'énergie de 20% d'ici à 2020. Pour atteindre cet objectif la Commission propose de se concentrer sur certaines mesures liées à l'énergie: l'amélioration de l'efficacité énergétique; l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique, ainsi que de nouvelles mesures visant à garantir que tout le monde tire parti du marché intérieur de l'énergie; le renforcement de la solidarité parmi les États membres, avec une vision à plus long terme pour le développement des technologies énergétiques, un accent renouvelé sur la sûreté et la sécurité nucléaires, et, enfin, des efforts résolus pour que l'UE parle d'une seule voix avec ses partenaires internationaux, y compris les producteurs énergétiques, les pays de transit, les pays grands consommateurs d'énergie et les pays en développement.
Un comité consultatif intitulé "Forum européen de l'énergie et des transports" est composé de personnalités qualifiées capables de réfléchir sur des sujets touchant à l'énergie et aux transports ainsi qu'à l'interaction entre les deux politiques [Décision 2001/546]. Il comprend des représentants des opérateurs, des constructeurs et gestionnaires d'infrastructures et des réseaux, des usagers des transports et des consommateurs d'énergie, des syndicats, des associations de protection de l'environnement et de la sécurité ainsi que du monde universitaire. Le Forum agit en tant qu'observatoire pour les politiques de l'énergie et des transports, notamment sur la compétitivité et l'adaptation des structures de ces secteurs tout en intégrant les préoccupations environnementales, sociales et de sécurité.